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Escales - L'Observatoire de la Distribution

Hyper / Super

La mutation des supers et des hypermarchés

Aujourd'hui en France, si les 1125 hypermarchés et les 7600 supermarchés, sont de plus en plus incontournables (ils pèsent 68% de la consommation alimentaire), ils se trouvent bloqués dans leur développement du fait de la loi Raffarin qui limitent leur surface de vente. Ils cherchent donc à augmenter leurs chiffres d'affaires en attaquant de nouveaux secteurs peu consommateurs de mètres carrés et très rentables (voyages, assurances, informatiques).

Parallèlement, les grandes enseignes revoient l'organisation de leurs surfaces de ventes avec la volonté de faire gagner du temps au client pressé et faire passer du bon temps à celui qui a envie de flâner. Dans les années qui viennent les hypermarchés ressembleront de moins en moins aux surfaces impersonnelles d'aujourd'hui. Ils comprendront des restaurants et des zones de soins ou de culture proche de ceux que l'on peut trouver dans les magasins spécialisés. Certains hypermarchés accueillent déjà des animations et des salles de jeux. "Le magasin de demain doit être éblouissant en introduisant davantage de spectacles dans la surface de vente", explique Daniel Bernard, Pdg de Carrefour.

Les hypermarchés : une croissance au ralenti

En avril 2002, la Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution indique que les supermarchés ont connu une hausse de leurs ventes de 3,1 % par rapport à 2001, alors que les ventes des hypers sont égales par rapport à 2001. Sur les quatre premier mois de l'année, les supermarchés enregistrent une croissance 3,6 % de leurs chiffres d'affaires, contre seulement + 0,5% pour les hypermarchés.

Ces chiffres confirment une tendance engagée depuis plusieurs années : à savoir une progression plus rapide des supermarchés face aux hypers, et ce, à l'opposé de ce qui se passait depuis une vingtaine d'années. Déjà, en 2000, la progression des supers était de + 3,5 % contre + 2,8 pour les hypers, et en 2001 de + 5,5 % pour les supers contre + 3,4% pour les hypers. L'hypermarché perd des parts de marché sur tous les secteurs des produits de grande consommation.

Face à ces réalités, toutes les enseignes réfléchissent à la façon de faire évoluer le concept de l'hyper qui fêtera l'année prochaine ses 40 ans. Certains groupes envisagent de réduire la taille de leur magasin ou de scinder leur offre avec des magasins distincts, comme vient de le faire très récemment le groupe Casino à Tours.

"Le temps des mega-hypers est révolu. Ce format ne correspond plus à cette recherche d'une plus grande humanité dans l'acte d'achat", remarque Michel-Edouard LECLERC - Leclerc.

Les supermarchés font de l'ombre aux hypermarchés.

Compétitifs, modernisés, proches de leurs clients, les supermarchés représentent une menace sérieuse pour les hypermarchés. En effet, depuis 2 ans le taux de progression des ventes en supers est supérieure à celui des hypers. Selon la Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution, plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

Des raisons conjoncturelles : la hausse des prix du carburant a davantage profité aux supers qu'aux hypers. L'essence représente 20% du CA d'un super contre 10% pour un hyper.

Des raisons démographiques : les foyers ont diminué de taille et la population française a vieilli. Le plein de fin de semaine se justifie moins qu'auparavant d'autant que l'image des supers s'améliore y compris dans le domaine des prix et des promotions.

Des raisons structurelles : les écarts de prix entre super et hyper se sont considérablement réduits depuis la loi Galland et les consommateurs rejettent de plus en plus l'image d'usine à vendre véhiculée par les hypers.

Casino lance l'hypermarché de proximité

Le groupe Casino a décidé d'innover en ouvrant mi-mai à Tours un nouveau concept d'hypermarché Géant, dit de proximité destinée à séduire surtout les femmes (80 % de la clientèle).

Une tentative de séduction qui passe d'abord par une réorganisation de l'offre au sein du magasin. Fini le traditionnel schéma qui organise la circulation des clients de manière à les amener à passer devant l'ensemble des linéaires. Place maintenant au système dit des " deux entrées " qui permettent aux consommateurs de choisir leurs parcours dans le magasin selon le type d'achats qu'ils ont à effectuer. Le Géant présente donc une entrée classique au centre du magasin desservant l'ensemble des zones, et une autre entrée plus petite, donnant accès directement à la zone alimentaire. Depuis l'ouverture du magasin le 25 avril, un quart du flux de clientèle emprunte cette nouvelle entrée.

Côté offre, un effort particulier a été fait avec un grand espace beauté (1000 m2) qui jouxte un espace bébé et un espace culture, placé dès l'entrée du magasin. L'offre textile est supérieure de 20 % à celle d'un hyper traditionnel, mais compte peu de produits masculins.

Le Géant compte une surface de vente de 7 670 m2, 36 caisses et 350 salariés. Le CA espéré situe dans une fourchette très large, puisqu'il va de 76 à 105 millions d'euros. Si ce dernier chiffre était atteint, le Géant de Tours serait l'un des plus performants du groupe.