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ateliersEscales - L'Observatoire de la Distribution

Nouvelles proximités

La chaîne britannique Sainsbury's a ouvert en juin 1999 un nouveau concept de magasin de centre-ville : Sainsbury's Central (1200 m2 - 6000 références) dont l'aménagement est organisé autour du gain de temps.

Un phénomène international

Les grands groupes ont compris la nécessité d'investir ce créneau du service et de la proximité, afin de satisfaire les consommateurs pressés ou tenter de séduire les consommateurs lassés de perdre leurs temps dans les "trop" grandes surfaces. Ce phénomène est international.

Ainsi aux Etats-Unis Wal-mart, numéro un mondial de la grande distribution, a développé un nouveau réseau baptisé « Neighborhood Market ».

Le modèle japonais des convenience stores

De façon plus générale, il est à remarquer que les grands distributeurs misent aujourd'hui très fortement sur tous les petits formats de proximité, en s'inspirant très directement des convenience stores japonais.

Aujourd'hui le Japon est quadrillé par 52 813 convenience stores. Aujourd'hui, 70 % des citadins japonais habitent à moins de cinq minutes à pieds d'un magasin de ce type.

Quelques chiffres pour mieux comprendre ce qu'est un convenience store japonais.

  • Surface moyenne de vente : 100 m2.

  • Chaque magasin offre en moyenne 2 800 produits.

  • Horaires : 95 % des magasins sont ouverts 24H/24, tous les jours, toute l'année.

  • 70 % du CA se fait dans le segment des plats préparés et de la restauration rapide.

  • Un certain nombre de magasins se diversifient en proposant des CD et des petits produits électroniques, dont des téléphones portables.

La situation française

Selon l'Insee, une commune sur d'eux n'a plus aucun commerce de proximité.

Même si aujourd'hui la notion de commune n'a plus beaucoup de sens en termes d'analyse de modes de vie, la récente enquête de l'Insee sur la consommation des Français au cours de ces trente dernières années, vient nous rappeler quelle formidable mutation le commerce hexagonal a subi depuis le milieu des années 60 en révélant qu'une commune sur deux n'a plus aucun commerce de proximité.

La brutalité du constat de l'Insee recouvre toutefois des réalités très différentes selon la nature des dits commerces. Les principales victimes sont les magasins alimentaires, puisque les petites épiceries et les boucheries ont vu leurs effectifs divisés respectivement par six et par trois ces trente dernières années. Les boulangeries sont passées, elles, de 40 200 points de vente en 1966 à 22 400 en 1998. Par contre, les fleuristes sont une fois et demie plus nombreux, tout comme les pharmacies.

Globalement, les petites entreprises du commerce ne représentent plus que 13% des ventes de détail et 74% du nombre d'entreprises, contre plus de la moitié du chiffre d'affaires et 86% du parc dans les années 60.

Les consommatrices françaises veulent de la proximité

Selon l'étude Scanner Sécodip/Interdéco, la première attente des femmes françaises en matière de commerce est la proximité. 37,9% d'entre elles plébiscitent les petits supermarchés de quartier et 30,6% les petits commerces proches contre seulement 17,3% les grandes surfaces ou les hypers et 13,3% les centres commerciaux avec galeries. Interrogées sur les facteurs qualifiant la notion de proximité, le premier item choisi est "pouvoir y aller à pied".

Une réalité qui explique qu'aujourd'hui tous les grands distributeurs français renforcent leur réseau de proximité, que ce soit Carrefour (voir infra), ou Casino qui a pris 50% du capital de Monoprix en juillet 2000. La stratégie du groupe stéphanois est clairement de disposer d'un réseau très bien implanté en centre-ville afin de satisfaire les consommateurs qui refusent de se déplacer dans les supermarchés ou hypermarchés de la périphérie.

Les magasins de proximité en forte hausse

Les magasins de proximité (moins de 400m2 selon la définition de l'Insee) ont réalisé une excellente année 2000. Leurs ventes ont progressé de 3,8% à nombre de magasins constants par rapport à 1999, soit 3,4% de plus que les hypermarchés qui ont, eux, vu leurs ventes progresser seulement de 0,4% dans le même temps. Selon l'Insee, on compte 18 536 magasins de moins de 120 m2 et 5 199 de 120 à 400m2.

Ces chiffres marquent un retournement de situation important puisque entre 1997 et 1999, les magasins de proximité avaient vu leurs ventes régresser de 0,2% alors que les hypers gagnaient 2,8%.

Les explications de ce phénomène sont nombreux :

  • d'abord les Français plébiscitent de plus en plus les magasins de proximité qui leurs évitent de perdre du temps en déplacements.

  • ensuite, les superettes ont bénéficié ces dernières années de forts investissements qui les ont remis à un niveau d'offre, de prix et de services dignes des grandes surfaces périphériques.

Beaucoup de ces magasins ont revu leur merchandising en facilitant les achats rapides, principales attentes des clients de ce type de magasins.

Reste que les magasins de proximité ne représentent en France toujours que 10% des achats alimentaires en France, contre 65% pour les grandes surfaces (hypers, supers et magasins populaires).

Quelques nouveaux concepts de proximité

Carrefour accélère son développement sur le créneau de la proximité avec un nouveau concept de Marché Plus

Le groupe Carrefour qui dispose de trois enseignes de petits formats de proximité - 8 à Huit, Shopi et Marché Plus - a décidé d'accélérer le développement de cette dernière enseigne dans les années qui viennent.

Après avoir ouvert pas moins de 70 nouveaux magasins en 2001 pour atteindre les 255 points de vente début 2002, l'objectif du groupe Carrefour est l'ouverture de 70 nouveaux points de vente d'ici fin 2002. Mais au delà des chiffres, ce qui apparaît intéressant dans le développement de cette enseigne, c'est le nouveau concept de Marché Plus qui dépasse dorénavant la simple épicerie (4 000 références sur 300 m2) pour devenir un véritable espace-service pour une population urbaine aux horaires de plus en plus décalées (les magasins sont ouverts 7 à 21 heures et tous les dimanches matin).

Côté service, tous les Marché Plus proposent aujourd'hui de la livraison à domicile, un service pressing, un service développement photos en 48 heures et un distributeur automatique de billets.

La stratégie de Monoprix: le City-marché

Monoprix élargit encore un peu plus ses heures d'ouvertures pour mieux s'adapter aux nouveaux rythmes urbains ; 16 de ses magasins vont dorénavant ouvrir jusqu'à 22 heures.

Inno Montparnasse (groupe Monoprix), avec 10 000 passages en caisse par jour, a mis en place à l'intérieur de son magasin, un espace"Ville facile" proposant un bouquet de services de proximité aux consommateurs.

L'espace est composé de plusieurs comptoirs rassemblant 16 partenaires proposant des services ( France Télécom, la Mairie de Paris, l'ANPE, Gymnase Club, le journal Le Parisien...) de 9h à 22h sans interruption. 4 personnes à plein temps sont chargées d'accueillir les clients. Face au succès de l'expérience, Monoprix prépare l'installation d'autres espaces "Ville facile" dans plusieurs de ces magasins.

Nous nous adaptons aux modes de vie de nos clients en leur permettant de réaliser certaines démarches contraignantes et souvent inaccessibles pendant les heures de bureau.

Amaury de Lacretelle, responsable de la communication chez Monoprix.

Monoprix poursuit l'enrichissement de son concept de City-marché avec des magasins toujours plus beaux et surtout plus pratiques. Dernier exemple en date à Paris, avec le Monoprix restauré de la rue de Vaugirard, qui fait la synthèse de toutes les expérimentations lancées par l'enseigne depuis quelques années.

On y trouve ainsi un espace « Ville service », un rayon textile digne des grands magasins, un rayon " maison " avec vaisselles et articles aussi modernes que chez Ikéa, un espace informatique de qualité, une offre alimentaire digne d'un vrai marché (la boulangerie offre pas moins de 100 sortes de pain) . Côté restauration, on compte un Sushi bar, un Vitamine bar (offre de salades) et, au sous sol, un bar à vins près de la cave.

L'investissement travaux était de 9,15 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires annuel espéré de 55 millions d'euros (soit 20 % de plus qu'avant la restauration du magasin). Si le succès est au rendez-vous, l'enseigne devrait aménager selon ce modèle une vingtaine de nouveaux magasins d'ici 5 ans.

Les « Villages Paul » : des mini-centres commerciaux autour d'une boulangerie

La "proximité" actuellement plébiscitée par les consommateurs incite certains promoteurs à développer de nouveaux concepts. C'est ainsi que le groupe Holder qui compte parmi ses enseignes les boulangeries Paul, vient de décider de poursuivre le développement de ses « Villages Paul » qui visent à proposer une offre commerciale de proximité autour d'une boulangerie ouvrant sur une placette avec parking. Le groupe ambitionne d'ouvrir une quinzaine de nouveaux villages d'ici 2004.

Le principe de développement est simple : le groupe Holder achète le terrain, construit l'ensemble de l'immobilier et loue ensuite les espaces magasins. L'opération représente en moyenne 5 millions de francs par village, en dehors du foncier et de l'aménagement intérieur des boutiques.