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Habitat(s) - L'Observatoire de l'Habitat

Quelles questions se poser pour mieux imaginer l'habitat de demain ?

...faut-il questionner les Français ?

Il pourrait sembler logique quand on s'interroge sur l'évolution de l'habitat des Français de commencer par observer les différentes études et autres enquêtes sur leurs attentes. Pourtant certains experts s'avouent sceptiques face à cette attitude.

"Le résultat qui se dégage des enquêtes menées sur l'habitat souhaité par les Français est d'une tristesse absolue." (Crédoc). Les gens réfléchiraient leur espace à vivre avec des habitudes de pensée.

Pourtant certains distributeurs observent des aspirations parfois innovantes. "Lorsque nous interrogeons les consommateurs sur leur maison idéale, celle-ci suivrait l'évolution de la famille, les choses n'y seraient pas figées, et la mixité des pièces serait réelle."(Leroy-Merlin).

La principale attente exprimée par les Français semble, en effet, être l'espace. En pratique aujourd'hui cette recherche d'espace se fait par l'acquisition d'objets qui "agrandissent" le logement, comme, les vérandas, ou qui donne l'impression de pouvoir faire évoluer son ·environnement, comme les meubles à roulettes.

Les acteurs de la distribution remarquent aussi que la taille des pièces des logements standardisés ne correspond plus à leur mode de vie. L'autonomie de chacun à l'intérieur de la famille donnerait une importance égale à toutes les pièces.

Mais encore faudrait-il que ces pièces ne soient pas rétrécies davantage encore par les meubles ou les placards. "On ne réalise pas à quel point le rangement est un véritable problème dans l'habitat contemporain." (Darty).

...faut-il utiliser les outils classiques du marketing ?

Faut-il alors aborder la question du logement à travers le prisme des typologies et des CSP abondamment exploités en matière de grande consommation ?

Pour beaucoup ces critères sont de moins en moins prédicatifs des comportements de consommation (Ikéa).

Les "nouveaux consommateurs" seraient d'autant plus difficiles à cerner qu'ils diversifieraient leurs circuits de consommation et mélangeraient tout les styles. "Tout se côtoie, l'ethnique comme le terroir. Aujourd'hui, toute la difficulté est de séduire le consommateur." (Mobalpa) "Les grandes tendances vont disparaître et céder leur place à une mosaïque de repères" (VIA).

Conséquence de cette tendance au patchwork, le salon et la cuisine tout équipé sont passé de mode. Ce qui n'exclut pas de la part des consommateurs l'attente de conseils d'aménagement. "Les gens sont paumés, ils veulent des idées", (Ikéa).

La presse de décoration aurait-elle un rôle à jouer ? Trop haut de gamme, elle ne semble avoir d'influence que sur une certaine élite très aisée. Plus accessible, plus soucieuse de services aux lecteurs, les magazines féminins auraient, eux, par contre une véritable fonction de conseils.

... faut-il questionner les architectes, les promoteurs, et les institutions ?

Devant l'inopérance des grilles de lectures classiques de l'évolution des modes de vie, il est alors tentant de se retourner vers ceux qui ont vocation à concevoir, financer et vendre l'habitat aux Français.

La réponse de certains observateurs n'est pourtant guère encourageante. "Je pense que beaucoup d'architectes sont encore très marqués par une culture de béton et de cubes, plutôt qu'une culture de sociologue sensible aux modes de vies."(J.B. Magescas)

Souvent sont aussi évoqués les maîtres d'ouvrages qui se caractériseraient par une absence totale de prise de risque "Les promoteurs et les architectes n'ont pas intérêt à promouvoir les nouveautés car actuellement ils tirent les prix au maximum, et ils ne veulent pas prendre de risque." (R. Rochefort) Pour illustrer cette frilosité, J-C. Kaufmann évoque le cas de l'absence d'un espace dédié au linge, alors que la place de cßelui-ci dans l'habitat serait un vrai souci.

S'ajoute le poids des normes dont personne ne conteste le bien-fondé, mais qui seraient en décalage, elles aussi, avec certaines pratiques ou modes de consommation.

... faut-il analyser l'évolution des pièces ?

Pour comprendre l'évolution de l'habitat faut-il alors passer par la classique visite des pièces? Certains pronostiquent une révolution ."L'affectation des pièces va, dans les années qui viennent, formidablement évoluer, car les gens voudront faire toujours plus de choses chez eux, tout en s'isolant des autres." (Crédoc).

Pour d'autres (Ikéa) "la maison ne va plus s'organiser par pièces, mais par univers".

  • l'univers de la convivialité (séjour, la salle à manger et la cuisine).

  • l'univers de la détente (chambre et salle de bain).

  • l'univers du travail (coin bureau).

Cette perspective implique-t-elle une fusion ou une confusion des pièces?

Certains l'annoncent "La cuisine va se mêler de plus en plus avec le salon, la chambre va se mêler à la salle de bain." (Leroy Merlin). Tout le monde, cependant, n'est pas aussi affirmatif notamment pour des raisons d'odeurs et de bruits (Mobalpa).