Pourquoi le mobile va tout changer...
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Le téléphone portable : rappel de quelques chiffres
Le téléphone portable est la technologie qui s'est diffusée le plus rapidement dans l'histoire, et même beaucoup plus rapidement que l'internet.
En 2007, on comptait dans le monde près de 3 milliards de mobiles contre moins de 400 millions d'ordinateurs portables.
Pourquoi le téléphone portable est-il un formidable succès ?
Il a donné de l'autonomie aux individus.
Le téléphone portable s'inscrit dans la lignée de ces produits nomades qui permirent aux individus de s'autonomiser par rapport aux savoirs et aux temps collectifs. Nous en citerons trois exemples, devenus aujourd'hui des objets du quotidien :
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le livre qui a permis de se soustraire à la parole donnée en chaire
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la montre qui a permis de se soustraire au clocher de l'église
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la voiture qui a permis de se soustraire aux transports en commun
Il est devenu un micro-ordinateur, et offre toutes les fonctions offertes et promises sur internet. Il est le nouveau couteau suisse de notre vie quotidienne.
Reste à savoir quelles conséquences, le mobile va avoir sur nos façons d'habiter, de travailler, de se déplacer ou de consommer.
Quelles conséquences sur nos façons d'habiter ?
Ca bougera de plus en plus
La maison mobile ? Le retour du mobile home bien sûr, mais aussi la nouvelle maison modulaire de l’âge de la téléphonie mobile…
Dans les années 60, à une époque où l'on ne rêvait même pas d'un terminal mobile, le groupe Archigram (contraction d'architecture et de télégramme) proposait au monde ses visions de la ville et de l'habitat du futur sous les noms évocateurs de « Plug-in city », « Walking city » ou « Instant City ». Si ces projets ne furent jamais réalisés, ils n'en marquèrent pas moins les esprits tant ils paraissaient exprimer une vision cohérente de l'avenir à l'ère de la voiture et de la caravane, déjà liée à cette notion de mobilité sous toutes ses formes…
Quarante ans plus tard, les projets d'habitat modulable ne cessent de fleurir, tandis qu'explose le marché du mobile home… Tout se réalise aujourd'hui, un peu comme s'il avait fallu attendre l'extraordinaire succès de la téléphonie mobile pour que cet espoir d'une nouvelle vie nomade prenne tout son sens et se concrétise enfin.
// Un nouvel esprit « mobile »
Certains cabinets d'architectures américains se sont construits autour de cette nouvelle mobilité de l'habitat, autant physique que virtuelle. En Europe, une société comme Algéco, spécialisée au départ dans la cabane de chantiers, est devenu un constructeur à part entière, apportant tout son art du « provisoire » à l'habitat individuel.
S'il n'est certes plus question de construire des villes entièrement nomades comme chez Archigram, force est de constater que la modularité taraude de façon extraordinaire les milieux de l'architecture. Et ce à juste titre. Toutes les enquêtes indiquent que les gens rêvent d'une maison ou d'un logement modulable et évolutif. Le succès des cloisons amovibles ou des meubles à roulette en témoignent.
Mais ce mouvement est surtout la preuve que « l'habiter » se transforme à la faveur des nouveaux modes de vies mobiles. L'explosion du phénomène de bi-résidentialité en est l'une des facettes. En Europe du Nord, aux Etats-Unis et au Canada, les seniors sont devenus la population qui déclare le plus de domiciles fréquentés au cours d'une année.
Si le mobile et l'ordinateur portable ne sont pas la cause directe de ces révolutions de la mobilité « physique », il en sont et en seront de plus en plus les premiers vecteurs et facilitateurs. Sous l'emprise du mobile, notre rapport à l'habitat change. Avant, on avait des voisins, maintenant on a des proches : ceux dont le nom est enregistré dans le répertoire de notre terminal mobile.
/ FIN DES PIECES MONO-FONCTIONNELLES
Depuis deux siècles, notre habitat s'organisait autour de pièces aux rôles bien définis. L'introduction de la télé dans la cuisine ou de l'ordinateur dans la chambre brouille cette organisation traditionnelle. Le mobile et le wi-fi vont la chambouler plus encore, faisant de chaque coin de la maison un espace potentiel de loisir comme de travail. On se dirige donc vers une réorganisation de l'habitat, changeant chaque pièce en « mini-loft » multi-fonctionnel. Le syndrome « où je veux, quand je veux » va bouleverser nos intérieurs. Le mobile met fin au modèle bourgeois du XIXe.
/ FIN DU FIXE
Difficile de penser fixe dans une société mobile. En matière d'aménagement et de décoration, de meubles comme de fonctions, l'heure est au mouvement et à la souplesse. C'est ce que démontre le succès des roulettes. La maison se déstructure et se restructure. Elle devient modulable : ses éléments transformables la font évoluer au rythme de la famille. Le marché du mobile-home explose. Et l'idée que plus rien ne doit être fixe devient une évidence…
/ BI-RÉSIDENTIALITÉ
La maison de campagne est de moins en moins une résidence secondaire. Avec le développement d'internet et de la téléphonie mobile, on assiste à l'émergence d'une nouvelle « polygamie résidentielle ». Cette bi-résidentialité bouleverse l'approche traditionnelle de « l'habiter », et pose de nombreux problèmes aux statisticiens qui découvrent des individus de plus en plus multi-localisés. Le téléphone portable nous permet aujourd'hui de dire « J'habite là ou je suis, et pas là où est ma maison ».
/ CAMPING CAR
La croissance actuelle du marché du camping doit beaucoup au téléphone mobile, qui a banalisé l'idée qu'une vie sans fil était possible et l'a rendue désirable. Le nouveau couple « camping car / mobile », c'est « la caravane + l'information ». D'où un rapport au territoire radicalement nouveau, aboutissant à une espèce de zapping débridé des lieux de séjours. Cette imprévisibilité, version vacancière de nos nouvelles façons d'habiter, provoque d'ailleurs un désarroi chez les professionnels du tourisme.
/ L'HÔTEL EN EXEMPLE
Fidèles à leur tradition pionnière, les hôtels ont été les premier dans le monde à intégrer dans leurs services la vidéo à la demande, internet et désormais le wi-fi, anticipant un nouveau mode de vie. Par sa logique d'espace multifonctionnel, la chambre d'hôtel sert de modèle dans l'habitat. Ainsi apparaissent au Japon de nouveaux immeubles associant sous un même toit des logements meublés et des chambres d'hôtel, au plus grand bonheur de jeunes à la recherche d'un rapport plus « mobile » à l'habitat.
/ PLUS DE CONTRÔLE
Le mobile va-t-il enfin permettre le décollage de la domotique ? C'est le pari des Japonais qui multiplient autour de lui tous les scénarios imaginables. Deux pistes sont particulièrement explorées. La première : faire du mobile la télécommande universelle contrôlant l'électronique domestique, et pourquoi pas les futurs robots ménagers. La seconde : l'utiliser comme un terminal permettant de gérer loin de chez soi un certain nombre de fonctions.
Quelles conséquences sur nos façons de travailler ?
Partout, tout le temps ?
Chez soi, dans le train, à l’aéroport, au café… et même dans les multiples antennes de son entreprise : le travail nomade ne va pas cesser de se développer.
« Qu’importe le bureau pourvu que l’on reste connecté », « Etre au bureau sans être au bureau », « Votre bureau dans votre poche », « Un bureau de 80 cm2 », « Vos mails quand vous voulez », etc. La communication publicitaire nous le répète depuis quelques années : les nouvelles technologies nomades vont nous permettre de travailler partout, n’importe où et n’importe quand.
Du bureau fixe, nous devrions donc passer à un éclatement des lieux de travail. Tout lieu va devenir un bureau potentiel. Certains sociologues américains parlent même du « bureau disparu » pour décrire ce phénomène. Entre « roaming » et interopérabilité, le grand rêve de l’information fluide et accessible partout est en train de se mettre en place. Trains, taxi, café s’équipent en wi-fi, les compagnies aériennes vont bientôt offrir la possibilité de téléphoner d’avion… bref, le bureau partout devient une réalité pour de nombreux actifs.
// Du mobile à la bataille de l’espace
De nombreux actifs découvrent la réalité du bureau mobile, s'adaptant à chaque lieu. Beaucoup de cadres français auraient déjà plus de 5 lieux réguliers de travail, et passeraient la moitié de leurs temps dans des lieux intermédiaires (aéroports, trains, hôtels, café, chez soi…). Les lieux de transit deviennent des bureaux et les bureaux se transforment en lieux de transit.
Bref, la mutation du travail est en marche, et rien semble ne pouvoir l'arrêter. Les acteurs de l'immobilier de bureaux y perdent leur latin, à la recherche de nouveaux modèles. Mais ils ne sont pas les seuls, car la prochaine bataille va être celle de l'espace – même si on oublie trop souvent de le dire. Il ne suffit pas, en effet, d'avoir un mobile pour pouvoir réellement travailler, il faut aussi un environnement favorable et un confort minimum. Un bistrot c'est bien pour lire ses e-mails, mais pas forcément génial pour taper un rapport.
Dans le domaine des transports, cette question de l'espace devient même centrale, et l'enjeu d'une nouvelle bataille commerciale, chacun des modes voulant se présenter comme le bureau nomade idéal de demain. C'est notamment le cas du train face à la voiture et à l'avion. En Europe, les trains à grande vitesse ont déjà récupéré une clientèle business jusque-là plutôt acquise à l'aérien. Aux Etats-Unis, une compagnie propose même un nouveau type de bus high tech, arguant du fait qu'il est impossible de travailler en avion. La révolution du bureau nomade ne fait que commencer.
/ « T'AS ENCORE UN BUREAU PERSO ? »
A-t-on encore besoin d'un bureau personnel ? C'est la question que bien des sociétés se posent devant l'évolution des modes de travail. Chez IBM, l'objectif est que 75 % des salariés soient mobiles d'ici 2006, contre « seulement » 50 % aujourd'hui. A terme, les entreprises vont investir dans les technologies de communication ce qu'elles économisent en matière de loyer avec des sièges sociaux plus petits. D'ici dix ans, la taille moyenne des bureaux devrait ainsi passer de 16 à 12 m2.
/ CHEZ SOI ÇA MARCHE
Plus de la moitié des Américains utilisent l'ordinateur de leur foyer pour travailler chez eux. En Europe, 30 % des actifs ramènent du travail chez eux. La technologie gomme la frontière entre le bureau et le domicile. Le problème, c'est que nos maisons ne sont pas toujours prêtes pour accueillir cette nouvelle activité. Se développe donc un nouveau marché lié à l'aménagement d'espaces de travail dont Ikéa est un grand bénéficiaire. Vitra vient quant à lui de lancer une table transformable en bureau.
/ LES BUS EN BUREAUX MOBILES
Le désir de travailler lors de ses déplacements va-t-il donner naissance à un nouveau type de transport ? Aux USA, c'est le pari de la société LimoLiner, qui propose aux « businessmen » une liaison New-York/Boston en… bus ! Quatre heures de route contre une en avion ! Les bus sont équipés de sièges très confortables pouvant s'orienter pour organiser des espaces de réunion. Mais le grand argument de LimoLiner est de garantir une connexion téléphone et internet tout au long du parcours et un voyage maîtrisé, sans ce temps d'accès et d'attente aux aéroports.
/ TRAINS WI-FI
En Europe, 80 % des actifs travaillent pendant leur voyage en train. C'est pour y répondre que les compagnies de chemin de fer veulent positionner le train comme le bureau nomade du XXIe siècle. Le TGV Thalys est déjà équipé en wi-fi. Les Italiens viennent de lancer le programme Fifth (fast internet for fast train host), destiné à équiper les lignes les plus utilisées par les hommes d'affaires. Le train prend peu à peu sa revanche sur l'avion.
/ CAFÉS POUR CADRES CONNECTÉS
Les Starbuck's Café préfigurent-ils le bureau du futur ? Depuis le développement du wi-fi, les Starbuck's des grandes villes américaines sont squattés par les étudiants ou des actifs nomades à la recherche d'un espace confortable et connecté. En Europe, les cafés de la compagnie deviennent des lieux de réunions alternatifs pour de nombreux cadres. La mobilité impose des nouvelles escales conviviales. Le café en est une des figures.
/ BUREAU ECLATÉ
Le marché du bureau va-t-il enfin s'adapter aux nouvelles façons de travailler et de nous déplacer ? On peut le croire avec l'arrivée de nouveaux entrants qui offrent des locaux et des services louables à la demande en plein centre-ville ou dans les gares. En Europe, ce marché du centre d'affaires progresse de 10% par an et intéresse de plus en plus les grands opérateurs d'immobilier de bureaux qui comprennent - enfin - que le bureau n'est plus un problème de mètre carré mais de temps et de services.
Quelles conséquences sur nos façons de voyager ?
Pas plus vite, mais mieux !
Marié aux technologies nomades, le voyage sera demain un vrai moment de vie et de travail, connecté en permanence.
Une étude vient de montrer que si les Européens et les Asiatiques surfent plus sur le net et envoient plus de e-mails et de SMS avec leur mobile que les Américains, c'est que ces derniers passent plus de temps dans leur voiture que dans les trains. C'est pour inverser cette tendance et lutter contre la pollution automobile que les Etats-Unis lancent actuellement un programme visant à équiper tous les transports en commun en wi-fi, afin d'inciter à l'abandon de sa voiture. Ce programme pourrait être le symbole de l'évolution actuelle des transports, qui deviennent des lieux de vie et de travail indissociables de l'usage du mobile, du Palm ou de l'ordinateur portable.
L'histoire des transports et de la mobilité s'est longtemps résumée à une seule quête : aller toujours plus vite. Elle trouve aujourd'hui ses limites, et pas seulement dans le secteur automobile. Il y a trente ans, Concorde faisait rêver parce qu'il ressemblait à une fusée. Aujourd'hui, Airbus présente son A 380 comme « un paquebot volant ».
// Un temps actif
Il y a là une évolution qui ressemble fort à un changement de paradigme. L'enjeu est de voyager mieux. L'ordinateur portable et le mobile ont fait comprendre aux voyageurs que le temps de transport n'était pas forcément un temps d'inactivité. Au contraire même … La SNCF doit ainsi faire face à des réclamations de plus en plus nombreuses sur l'absence de prise de courant dans un certain nombre de rames de ses TGV. Les réflexions sur les services et les nouveaux espaces à bord toucheront demain les moyens de transport au quotidien, à l'image des trains qui rouleront dans la région parisienne dès 2010, véritables petites cités mobiles dans tous les sens du terme…
Le deuxième enjeu essentiel de la mobilité est la fluidité, c'est-à-dire la possibilité de gérer ses déplacements le plus facilement possible grâce à un accès permanent à l'information. Là encore, le mobile va avoir un rôle déterminant. Car il va devenir notre boussole pour choisir nos modes de transports et nos itinéraires. Il va aussi être le facilitateur de nos parcours, à la fois peut-être carte de paiement et « e-ticket ». Il risque aussi de changer nos rapports aux modes de transports. Les Japonais travaillent ainsi sur des voitures électriques en libre service accessibles via un mobile.
/ LA MOBILITÉ = LE TRANSPORT + L'INFO
L'enjeu n'est plus seulement de se déplacer, mais de savoir : Comment ? Selon quels modes ? Avec quelles connexions ? À quels horaires ? Grâce à ses nouvelles fonctions, notamment GPS, le mobile permettra demain cet accès naturel et illimité à l'information dont nous rêvons quand nous bougeons. L'information vient à nous, et n'attend plus que l'on vienne à elle. On passe d'une conception signalétique de l'information à une conception logicielle. Le mobile va devenir à la mobilité ce que Google est aujourd'hui à la navigation sur internet et dans la ville.
/ E-AIRPORT
Les Japonais abordent les lieux de transports et de transit comme des lieux de services, et les repensent à l'aune de la téléphonie et de l'internet mobile. Les aéroports, ces étapes souvent mal vécus par les passagers, sont pour eux un chantier prioritaire. Le mobile devrait permettre de trouver toutes les informations sur les services offerts dans l'aérogare, et ce aussi bien pour le voyageur pressé qui veut rejoindre son guichet d'enregistrement que pour celui, en transit, qui recherche un restaurant ou un salon de massage.
/ TOUJOURS PLUS DE DÉPLACEMENTS !
La théorie de Zahavi affirmait que si les distances parcourues chaque jour par les citadins ne cessaient d'augmenter, le temps de transport ne bougeait pas. Bref, que le gain de vitesse offert par les moyens de transport modernes nous permettait d'aller toujours plus loin, sans passer plus de temps en déplacement. Eh bien non ! Plusieurs études montrent que ce modèle ne tient plus. Aujourd'hui, le « budget-temps » des citadins consacré au transport augmente dans les pays développés. Le mobile, qui peut offrir de nouvelles activités en cours de voyage, a tout pour en profiter.
/ UN NOUVEAU TRAIN DE VIE
Aux USA, patrie de la voiture, comme en Europe et dans les pays asiatiques, une idée fait son chemin : demain, les transports en commun auront l'avantage non seulement de moins polluer mais d'être de véritables lieux de vie et de travail, entièrement connectés… Illustration : prévu pour 2010, le nouveau train de banlieue de la région parisienne comportera des zones pour travailler, des bars, des points de vente, des bornes wi-fi et des prises sous tous les sièges pour recharger les mobiles ou les ordinateurs portables. Il a été conçu comme une « micro-ville nomade communicante».
/ PAS DE VOITURE SANS MOBILE
Le désir de mobilité des jeunes est de moins en moins associé à un désir de propriété. Aujourd'hui, les constructeurs automobiles comprennent qu'une partie de leur métier va changer. Pour l'avenir, ils se perçoivent plus comme des vendeurs de « mobilité » que comme des vendeurs automobiles. Ils cherchent à développer de nouveaux systèmes de location en y associant les services liés à la téléphonie mobile. En France, Ford propose ainsi aux étudiants de louer des véhicules, dont le verrouillage des portes se fait par SMS. La disponibilité prend le pas sur la possession.
/ HUB HUMAIN ?
Question sérieuse : le mobile va-t-il faire de nous des cyborgs ? La banalisation et la miniaturisation des technologies nomades nous transforment en êtres de plus en plus appareillés. Jusque-là, nous habitions des lieux riches en machines communicantes. Désormais, le mobile ne nous quitte plus, et ce sont ces machines qui nous habillent, des oreillettes aux lunettes écran et autres consoles multimédias, etc. Nous devenons des noeuds de communication, des systèmes habités et mobiles. Serons-nous demain des hubs nomades ?
Quelles conséquences sur nos façons de consommer ?
Quand je veux, où je veux
Le mobile pourrait être demain au commerce ce que fut la voiture à la grande distribution : une petite révolution des modes d'achat et de consommation.
Que ce soit au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe, toutes les enquêtes indiquent que les consommateurs ne veulent plus perdre de temps en magasin. Apparaissent ainsi de nouveaux arbitrages, conduisant les clients à délaisser les points de vente jugés trop chronophages, quitte à payer plus cher… Le modèle des hypermarchés trouve là ses limites. C'est une mutation majeure. Elle oblige les distributeurs à repenser leur offre commerciale et à conçevoir des formats capables de répondre à ces nouvelles exigences de distribution comme de disponibilité. Avec un principe clef : que ce ne soit plus le consommateur qui aille au magasin, mais le magasin qui s'offre au consommateur. Dans ce cadre le mobile va apporter une réponse essentielle dans les années qui viennent en offrant aux consommateurs une véritable maîtrise de son temps et de son espace.
// Le mobile ? Un espace de vente !
Cette nouvelle logique va trouver dans le mobile et le développement du « m-commerce » ses indispensables moteurs. Il suffit pour s'en convaincre d'observer quelques évolutions récentes. Les trois formats de vente qui connaissent les plus forts taux de progression collent en effet à cette philosophie. Il y a d'une part les petits commerces de proximité, en particulier les « conveniences stores » ouverts 24h/24 à l'image des kombini japonais. Il y a d'autre part la vente en lieux de transit, permettant aux consommateurs de faire leurs courses sur leurs trajets quotidiens. Et puis, enfin, le commerce par internet, qui permet au client de commander ses achats quand il veut et auprès d'une gamme plus large de commerçants. L'internet mobile va y ajouter une dimension essentielle : la mobilité, et donc la possibilité d'être livré à tous moments au lieu de son choix, soit une nouvelle forme de proximité s'appuyant sur le parcours de chacun. Le mobile peut devenir un magasin à part entière, s'appuyant sur ses relais naturels que seront les convenience stores et les lieux de transit.
En contre coup, le mobile va obliger les distributeurs à donner aux magasins traditionnels une vraie valeur ajoutée de services et de loisirs. Les prix bas n'y suffiront pas, car les hard-discounters vont eux aussi vendre via le mobile. Le m-commerce va ainsi contribuer au développement du fun-shopping. Une nouvelle page du commerce commence à s'écrire sous nos yeux.
/ LE MOBILE DEVIENT UN MAGASIN
Depuis longtemps, le commerce s'organise autour de points de vente qui permettent de voir, d'essayer et d'acheter le produit sous un même toit, la contre-partie étant l'obligation d'un déplacement en magasin. Le mobile va changer les règles du jeu : devenant à lui seul un point de vente d'un genre nouveau, il permettra tout à la fois de chercher les produits désirés, de comparer leurs prix, de s'informer de leurs qualités, de les commander, de les payer et de décider le lieu et l'heure où les récupérer.
/ QUI BOUGE ?
Internet véhicule l'idée qu'il est possible et tout à fait souhaitable de faire ses courses sans bouger de chez soi. Face aux problèmes de livraison, une question se pose désormais : ne faut-il pas renverser ce schéma et s'appuyer sur la mobilité des consommateurs pour organiser la livraison des achats sur leurs parcours ? L'internet mobile permet en effet au client en situation de mobilité de décider du meilleur lieu où récupérer ses courses, lui redonnant la maîtrise de son temps, de ses mobilités et lieux de consommation.
/ HYPER – TRANSIT
Des gares aux stations services, les lieux de transit connaissent une croissance commerciale exceptionnelle, et servent désormais de modèle aux grands groupes dans leur développement de projets basés sur la mobilité et les nouveaux outils de télécommunication. Le groupe Auchan a ouvert en France son hypermarché drive-in appelé Chrono-Drive. Les clients font leurs courses sur internet et viennent y prendre leurs achats sans sortir de leur voiture. Le portail Chrono-drive va rapidement devenir accessible via mobile.
/ DE DISTRIBUTEUR À OPERATEUR VIRTUEL ?
La grande distribution a toujours su s'adapter à la mobilité des consommateurs. Elle comprend aujourd'hui que l'internet mobile va transformer le mobile en vrai point de vente, et réalise que celui-ci va devenir un moyen de paiement et une carte de fidélité lui donnant encore plus d'informations sur ses clients. Le mobile devient dès lors le sésame de ce marketing personnalisé si essentiel à ses yeux. Les marques de grande distribution vont devenir des MVNO (opérateurs virtuels), à l'instar de ce que fait déjà Tesco en Grande-Bretagne ou Auchan en France. Ce sera alors le vrai décollage du m-commerce.
/ KOMBINI
Le « kombini » préfigure-t-il le commerce de proximité de demain ? Sans doute, tant ces magasins japonais ouverts 24h/24 et 7 jours sur 7 semblent pensés pour les nomades urbains, avec de nombreux services liés au mobile. Via des bornes électroniques il est ainsi possible d'y recharger son porte-monnaie électronique, mais aussi d'y télécharger des jeux ou de la musique, voir d'y imprimer ses photos. Ces magasins prouvent que la téléphonie mobile n'est pas le concurrent du commerce traditionnel mais son complément.
/ FUN SHOPPING
Le mobile va-t-il favoriser le fun shopping, c'est-à-dire la mutation des magasins en lieux de services et de spectacles ? C'est probable. D'abord car demain les clients auront accès via leur mobile à de plus en plus d'infos sur les produits, ce qui va modifier le rôle du vendeur. Ensuite car les produits étant disponibles partout, les magasins vont chercher de nouvelles activités pour attirer la clientèle. D'où l'importance des facteurs humain, ludique et éducatif… Les lieux feront la différence par leur ambiance et les vrais contacts, de visu.

